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La crise aiguë de la gestion de crise internationale

 

01.07.2010 Interview de l’hebdomadaire Rote Fahne avec Stefan Engel; président du MLPD (21.05.2010)

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PRINCIPES FONDAMENTAUX DE PHILOSOPHIE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

 

Sommaire :

 

 

AVANT-PROPOS

 

INTRODUCTION………………………………………………………………...……………...…………………………p.7

I. Qu'est-ce que la philosophie ?

II. Pourquoi devons-nous étudier la philosophie ?

III.  Quelle philosophie étudier ?

a)   Une philosophie scientifique : le matérialisme dialectique

b)  Une philosophie révolutionnaire : la philosophie du prolétariat

IV.  Conclusion : Unité de la théorie et de la pratique

 

PREMIERE PARTIE – ETUDE DE LA METHODE DIALECTIQUE MARXISTE

 

Première leçon. La méthode dialectique…………………………………………………………………………p.15

I. Qu'est-ce qu'une méthode ?

II. La méthode métaphysique

a)  Ses caractères

b)  Sa signification historique

III.  La méthode dialectique

a)  Ses caractères

b)  Sa formation historique

IV.  Logique formelle et méthode dialectique

 

Deuxième leçon. — Le premier trait de la dialectique : tout se tient. (Loi de l'action réciproque et de la connexion universelle)…………………………………………………………………………………………………………..p.22

I. Un exemple

II. Le premier trait de la dialectique

III.  Dans la nature

IV.  Dans la société

V. Conclusion

Questions de contrôle

 

Troisième leçon. — Le deuxième trait de la dialectique : tout se transforme. (Loi du changement universel et du développement incessant)……………………………………………………………………………………...…….p.29

I. Un exemple

II. Le deuxième trait de la dialectique

III.  Dans la nature

IV.  Dans la société

V. Conclusion

Questions de contrôle

 

Quatrième leçon. — Le troisième trait de la dialectique : le changement qualitatif………………………...………p.37

I. Un exemple

II. Le troisième trait de la dialectique

III.  Dans la nature

IV.  Dans la société

V. Conclusion

Remarques

Questions de contrôle

 

Cinquième leçon. — Le quatrième trait de la dialectique : la lutte des contraires (I)………………………….……p.46

I. La lutte des contraires est le moteur de tout changement. Un exemple

II. Le quatrième trait de la dialectique

III. Caractères de la contradiction

a)  La contradiction est interne

b)  La contradiction est novatrice

c)  L'unité des contraires

Questions de contrôle

 

Sixième leçon. Le quatrième trait de la dialectique : la lutte des contraires (II)…………………………...…….p.53

I. Universalité de la contradiction

a)  Dans la nature

b)  Dans la société

II. Antagonisme et contradiction

III. La lutte des contraires, moteur de la pensée

Questions de contrôle

 

Septième leçon. — Le quatrième trait de la dialectique : la lutte des contraires (III)………………….……………p.60

I. Le caractère spécifique de la contradiction

II. Universel et spécifique sont inséparables

III.  Contradiction principale, contradictions secondaires

IV.  Aspect principal et aspect secondaire de la contradiction

V.  Conclusion générale sur la contradiction. — Marxisme contre proudhonisme

Questions de contrôle

 

DEUXIEME PARTIE – ETUDE DU MATERIALISME PHILOSOPHIQUE MARXISTE

 

Huitième leçon. Qu'est-ce que la conception matérialiste du monde ?..................................................................p.72

I. Les deux sens du mot « matérialisme »

II. La matière et l'esprit

III.  Le problème fondamental de la philosophie

IV.  Les deux sens du mot « idéalisme »

V. Le matérialisme et l'idéalisme s'opposent en pratique aussi bien qu'en théorie

VI. Le matérialisme philosophique marxiste se distingue par trois traits fondamentaux

Questions de contrôle

 

Neuvième leçon. — Le premier trait du matérialisme marxiste : la matérialité du monde.........................................p.78

I. L'attitude idéaliste

II. La conception marxiste

III.  Matière et mouvement

IV.  La nécessité naturelle

V. Marxisme et religion

VI. Conclusion

Questions de contrôle

 

Dixième leçon. Le deuxième trait du matérialisme marxiste : la matière est antérieure à la conscience...............p.89

I. Nouveau subterfuge idéaliste

II.  La conception marxiste

a)  Objectivité de l'être

b)  La conscience, reflet de l'être

III.  La pensée et le cerveau

IV.  Les deux degrés de la connaissance

V. Conclusion

Questions de contrôle

 

Onzième leçon. Le troisième trait du matérialisme marxiste : le monde est connaissable………………..……p.101

I.  Ultime refuge de l'idéalisme

II. La conception marxiste

a)  Le rôle de la pratique

b)   Une falsification de la notion marxiste de pratique

III.  Vérité relative et vérité absolue

IV.  L'union de la théorie et de la pratique

Questions de contrôle

 

TROISIEME PARTIE – LE MATERIALISME DIALECTIQUE ET LA VIE SPIRITUELLE DE LA SOCIETE

 

Douzième leçon. La vie spirituelle de la société est le reflet de sa vie matérielle………………………………p.114

I. Un exemple

II.  Les « explications » idéalistes

III.  La thèse matérialiste dialectique

a)  La vie matérielle de la société est une réalité objective existant indépendamment de la conscience et de la volonté non seulement des individus, mais de l'homme en général

b)  La vie spirituelle de la société est un reflet de la réalité objective de la société

c)   Comment surgissent les nouvelles idées et théories sociales

d)  La question des survivances

IV.  Conclusion

Questions de contrôle

 

Treizième leçon. — Le rôle et l'importance des idées dans la vie sociale………………………………..………..p.124

I. Un exemple

II. L'erreur du matérialisme vulgaire

III. La thèse matérialiste dialectique

a)  C'est l’origine matérielle des idées qui fonde leur puissance

b)   Vieilles idées et nouvelles idées

c)  Les nouvelles idées ont une action organisatrice, mobilisatrice et transformatrice

IV. Conclusion

Questions de contrôle

 

Quatorzième leçon. — La formation, l'importance et le rôle du socialisme scientifique…………………………..p.133

I. Les trois sources du marxisme

a)  La philosophie allemande

b)  L'économie politique anglaise

c)  Le socialisme français

II. Le socialisme utopique

III. Le socialisme scientifique

a)  Sa formation

b)  Ses caractères

IV. Le rôle du socialisme scientifique

a)  La fusion du socialisme et du mouvement ouvrier

b)  Nécessité du Parti communiste. Critique de la « spontanéité »

V. Conclusion

Questions de contrôle

 

QUATRIEME PARTIE – LE MATERIALISME HISTORIQUE

 

Quinzième leçon. — La production : forces productives et rapports de production………………………….……p.145

I. Les conditions de la vie matérielle de la société

a)  Le milieu géographique

b)  La population

II. Le mode de production

a)  Forces productives

b)  Rapports de production

III.  La propriété des moyens de production

IV.  Le changement du mode de production, clé de l'histoire des sociétés

V. Conclusion

Questions de contrôle

 

Seizième leçon. La loi de correspondance nécessaire entre les rapports de production et le caractère des forces productives………………………………………………………………………………………………...………..p.156

I. Les forces productives sont l'élément le plus mobile et le plus révolutionnaire de la production

II. L'action en retour des rapports de production sur les forces productives

III. La loi de correspondance nécessaire

IV. Le rôle de l’action des hommes

Questions de contrôle

 

Dix-septième leçon. La lutte des classes avant le capitalisme……………………………………………….….p.163

I. Les origines de la société

II. L'apparition des classes

III.  Sociétés esclavagiste et féodale

IV.  Le développement de la bourgeoisie

Questions de contrôle

 

Dix-huitième leçon. — Les contradictions de la société capitaliste………………………………………………..p.173

I. Les rapports capitalistes de production : leur contradiction spécifique

II.  La loi de correspondance nécessaire en société capitaliste

a)  La correspondance entre les rapports capitalistes de production et le caractère des forces productives

b)  Le conflit entre les rapports capitalistes de production et le caractère des forces productives

III.  La lutte de classe du prolétariat, méthode pour résoudre la contradiction entre les rapports de production et les forces productives

IV.  Conclusion

Questions de contrôle

 

Dix-neuvième leçon. — La superstructure…………………………………………………………………………p.184

I. Qu'est-ce que la superstructure ?

II. La superstructure est engendrée par la base

III.  La superstructure est une force active

IV.  La superstructure n'est pas liée directement à la production

V. Conclusion

Questions de contrôle

 

Vingtième leçon. Le socialisme………………………………………………………………………..………..p.192

I.  Répartition et production

II. La base économique du socialisme

III.  Conditions objectives du passage au socialisme

IV.  La loi fondamentale du socialisme

V. Conditions subjectives du passage au socialisme et de son développement

VI. Conclusion

Questions de contrôle

 

Vingt et unième leçon. Du socialisme au communisme……………………………………………………..….p.205

I. La première phase de la société communiste

II.  La phase supérieure de la société communiste

III.  Forces productives et rapports de production sous le socialisme

IV.  Les conditions du passage du socialisme au communisme

V. Conclusion

Questions de contrôle

 

CINQUIEME PARTIE – LA THEORIE MATERIALISTE DE L’ETAT ET DE LA NATION

 

Vingt-deuxième leçon. — L'Etat…………………………………………………………………………………...p.216

I. L'Etat et « l'intérêt général »

II. L'Etat, produit des antagonismes de classes inconciliables

a)  Origine de l'Etat

b)  Rôle historique de l'Etat

III.  Le contenu et la forme de l'Etat

a)  Le contenu social de l'Etat

b)  La forme de l’Etat

IV.  Lutte de classes et liberté

a)  La bourgeoisie et la « liberté »

b)  Le prolétariat et les libertés

Questions de contrôle

 

Vingt-troisième leçon. La Nation (I)……………………………………………………………………………p.239

I. Nation et classe sociale

II. La conception scientifique de la nation

a)  Qu'est-ce qu'une nation ?

b)  Quelques erreurs à éviter

III.  La bourgeoisie et la nation

a)  La formation des nations bourgeoises

b)  La bourgeoisie à la tête de la nation

c)  La bourgeoisie traître à la nation

IV.  La classe ouvrière et la nation

a)  L'internationalisme prolétarien

b)  Le patriotisme prolétarien

Questions de contrôle

 

Vingt-quatrième leçon. — La Nation (II)……………………………………………..……………………………p.255

I. La question coloniale : le droit des nations à disposer d'elles-mêmes

II. Les nations socialistes

a)  Question nationale et révolution socialiste

b)  Caractère des nations socialistes

III. L'avenir des nations

Note sur l'Alsace et la Moselle

Questions de contrôle

AVANT-PROPOS

 

Publiés en juillet 1946, réédités en janvier 1947, en mai 1948 et en décembre 1949, les Principes élémentaires de philosophie de Georges Politzer ont été accueillis avec empressement. Ils renfermaient, sous une forme accessible, l'essentiel des cours donnés en 1935-1936 à l'Université Ouvrière par un de ceux qui, ne séparant jamais l'action de la pensée, moururent en héros pour que vive la France.

Dans la « Préface » aux Principes élémentaires de philosophie, Maurice Le Goas qui, élève de Politzer, recueillit ses cours et permit ainsi leur publication, écrivait :

Georges Politzer, qui commençait chaque année son cours de philosophie en fixant le véritable sens du mot matérialisme et en protestant contre les déformations calomnieuses que certains lui font subir, ne manquait pas de signaler que le philosophe matérialiste ne manque pas d'idéal et qu'il est prêt à combattre pour faire triompher cet idéal. Il a su, depuis lors, le prouver par son sacrifice, et sa mort héroïque illustre ce cours initial où il affirmait l'union, dans le marxisme, de la théorie et de la pratique.

A quelques mois d'une décision ministérielle qui prétendit refuser à Georges Politzer le titre posthume d'interné résistant et la mention « Mort pour la France », l'hommage dû à la mémoire de Georges Politzer ne saurait, moins que jamais, séparer le patriote français du philosophe communiste.

Les balles nazies ont couché Politzer dans la clairière du Mont-Valérien en mai 1942 ; mais l’Université ouvrière, qui fut pour une grande part son œuvre, se continue dans l’Université Nouvelle de Paris, qui chaque année gagne en ampleur. De fait, les Principes fondamentaux de philosophie que nous publions s'appuient, comme l'ouvrage originel, sur l’expérience de l'enseignement philosophique dispensé aux travailleurs ouvriers, employés, ménagères, chercheurs scientifiques, instituteurs, étudiants, etc... qui fréquentent l'Université Nouvelle. Il est donc juste que le livre porte — avant le nom de ceux qui l'ont rédigé et qui assurent avec quelques autres le cours de matérialisme dialectique le nom de Georges Politzer. Certes, ces Principes fondamentaux sont beaucoup plus développés que les Principes élémentaires ; ils bénéficient des apports dont la science marxiste s'est enrichie depuis quelques années. Leur inspiration n'en reste pas moins celle qui animait Politzer.

Les Principes fondamentaux de philosophie ont pour ambition d'aider tous ceux qui veulent s'initier aux idées-maîtresses de Marx et Engels et de leurs disciples les plus éminents, Lénine et Staline. L'ouvrage a donc les caractères d'un manuel, divisé en leçons, à suivre une à une ; les questions de Contrôle permettront au lecteur de vérifier l’acquis et de poursuivre un effort de recherche personnelle. Les cours de l'Université Nouvelle, à qui ce livre doit son existence, s'adressent à des travailleurs qui demandent à la réflexion théorique d'éclairer leur action militante, politique ou syndicale, dans la France d'aujourd'hui. On ne sera donc pas surpris devant l'abondance d'exemples pris dans la vie quotidienne des Français, qui luttent pour le pain et la liberté, pour l'indépendance nationale et la paix. [Certains qui, parmi les exemples cités, étaient de pleine actualité quand le cours fut donné ou l'ouvrage rédigé, pourront paraître avoir vieilli, au regard des changements politiques intervenus depuis, en France et ailleurs. Ils n'en gardent pas moins leur valeur d'enseignement ; et c'est là l'essentiel]

Mais contrairement à une opinion encore très répandue, quand les marxistes parlent de pratique, ils ne l'entendent pas en un sens étroit. La pratique humaine, c'est l’ensemble des activités — sciences, techniques, arts, etc. dont l'homme est capable et qui le définissent ; c'est toute l'expérience accumulée dans les millénaires. Seul peut être révolutionnaire celui qui a su s'assimiler le meilleur de cette expérience, au bénéfice de son action présente pour la transformation des sociétés et l'amélioration des individus. Telle est précisément la tâche de la philosophie marxiste : conception du monde, elle exprime, sous leur forme la plus générale, les lois fondamentales de la nature et de l'histoire ; méthode d'analyse, elle donne à tout homme les moyens de comprendre ce qu'il est, ce qu'il fait, et ce qu'il peut à un moment donné pour transformer sa propre existence. Entièrement consacré à la philosophie marxiste, le livre que nous présentons doit donc, nous semble-t-il, rendre service à tous les travailleurs, manuels ou intellectuels. Et bien qu'il ne soit pas rédigé à l'intention des « spécialistes », ceux-ci économistes, ingénieurs, historiens, naturalistes, médecins, artistes, etc. y trouveront sans doute matière à réflexion.

Les auteurs ont fait effort pour écrire cet ouvrage avec le maximum de simplicité et de clarté ; ils ont évité de multiplier les termes techniques. Mais, ainsi faisant, ils n'ont parcouru qu'une moitié du chemin. Le lecteur devra patiemment franchir l’autre moitié, sans oublier un instant — comme le rappelait Marx à propos de l'édition française du Capital — qu' « il n'y a pas de route royale pour la science ». La lecture des vingt-quatre leçons qui constituent ce livre demandera donc un certain travail et quelque persévérance.

Si l'on ne comprend pas telle page en première lecture, qu'on ne se décourage pas ! Le travail sera toutefois facilité si le lecteur confronte ce qu'il lit à son expérience personnelle. Ainsi tirera-t-il le plus grand profit d'une étude conduite avec patience.

Le volume comporte de nombreuses citations, de nombreuses références aux classiques du marxisme. C'était courir le risque d'alourdir les exposés ; les auteurs ont accepté ce risque, car il tient à la nature même de l'ouvrage: c'est un manuel. Son rôle est de faciliter l'accès aux sources, d'encourager le lecteur, par de fréquents rappels, à fréquenter les œuvres de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Tsétoung, Maurice Thorez. Les auteurs de ces Principes fondamentaux ont, en particulier, mis l'accent sur Matérialisme dialectique et matérialisme historique de Staline, le plus grand philosophe de notre temps avec Lénine. L'ordre des leçons de ce manuel reproduit à dessein, pour l'essentiel, l’ordre des matières de l’ouvrage de Staline, synthèse magistrale de la philosophie du marxisme, paru en 1938. La lecture de cet écrit, qu'on trouvera soit au chapitre IV de l’Histoire du Parti communiste (b) de l’U.R.S.S., soit en édition séparée [Aux Editions Sociales, Paris.], demeure indispensable à tous ceux qui veulent maîtriser les données essentielles du marxisme et comprendre sa force d'action.

Fidèles à leurs principes, les marxistes voient dans la critique une exigence de toute action féconde. C'est bien pourquoi les auteurs des Principes fondamentaux de philosophie sollicitent l'apport critique de ceux, quels qu'ils soient, qui feront usage de ce livre. Il ne peut ainsi manquer de s'améliorer, pour toujours mieux remplir son rôle au service de la classe ouvrière et du peuple de France.

Guy Besse et Maurice Caveing, Agrégés de philosophie. Août 1954

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PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE PHILOSOPHIE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Sommaire :

Biographie de Politzer

Préface par Maurice Le Goas

Avertissement des éditeurs

Première partie - LES PROBLEMES PHILOSOPHIQUES

Introduction…………………………………………………………………………………………………………………..……..p.10

I. Pourquoi devons-nous étudier la philosophie ?

II. L'étude de la philosophie est-elle une chose difficile ?

III.  Qu'est-ce que la philosophie ?

IV.  Qu'est-ce que la philosophie matérialiste ?

V. Quels sont les rapports entre le matérialisme et le marxisme ?

VI. Campagnes de la bourgeoisie contre le marxisme

Chapitre premier. — Le problème fondamental de la philosophie………………………………………………………………….p.13

I. Comment devons-nous commencer l'étude de la philosophie ?

II. Deux façons d'expliquer le monde

III.  La matière et l'esprit

IV.  Qu'est-ce que la matière ? Qu’est-ce que l'esprit ? 

V. La question ou le problème fondamental de la philosophie

VI. Idéalisme ou matérialisme

Chapitre II. — L'idéalisme……………………………………………………………………………………….………………….p.16

I. Idéalisme moral et idéalisme philosophique

II. Pourquoi devons-nous étudier l'idéalisme de Berkeley ?

III.  L'idéalisme de Berkeley

IV.  Conséquences des raisonnements  «  idéalistes »

V. Les arguments idéalistes

Chapitre III. — Le matérialisme…………………………………………………………………………………….……………….p.21

I.  Pourquoi devons-nous étudier le matérialisme ?

II.   D'où vient le matérialisme ?

III.  Comment et pourquoi le matérialisme a évolué

IV.  Quels sont les principes et les arguments des matérialistes ?

Chapitre IV. — Qui a raison, l'idéaliste ou le matérialiste ?...............................................................................................................p.24

I. Comment nous devons poser le problème

II. Est-il vrai que le monde n'existe que dans notre pensée ?

III.  Est-il vrai que ce sont nos idées qui créent les choses ?

IV.  Est-il vrai que l'esprit crée la matière ?

V. Les matérialistes ont raison et la science prouve leurs affirmations

Chapitre V. — Y a-t-il une troisième philosophie ? L'agnosticisme……..………………………………………………………….p.28

I. Pourquoi une troisième philosophie ?

II. Argumentation de cette troisième philosophie

III.  D'où vient cette philosophie ?

IV.  Ses conséquences

V. Comment réfuter cette « troisième » philosophie

VI. Conclusion

Questions de contrôle

Deuxième partie - LE MATERIALISME PHILOSOPHIQUE

Chapitre premier. — La matière et les matérialistes………………………………………………….……………………………..p.33

I. Qu'est-ce que la matière ?

II.  Théories successives de la matière

III.  Ce qu'est la matière pour les matérialistes

IV.  L'espace, le temps, le mouvement et la matière

V. Conclusion

Chapitre II. — Que signifie être matérialiste ?....................................................................................................................................p.36

I. Union de la théorie et de la pratique

II. Que signifie être partisan du matérialisme dans le domaine de la pensée ?

III.  Comment est-on matérialiste dans la pratique ?

IV.  Conclusion

Chapitre III. — Histoire du matérialisme………………………………………………………………...………………………….p.39

I. Nécessité d'étudier cette histoire

II. Le matérialisme prémarxiste :

1.  L'antiquité grecque

2.  Le matérialisme anglais

3.  Le matérialisme en France

4.  Le matérialisme du XVIIIe siècle

III.  D'où vient l'idéalisme ?

IV.  D'où vient la religion ?

V. Les mérites du matérialisme prémarxiste

VI. Les défauts du matérialisme prémarxiste

Questions de contrôle

Troisième partie - ETUDE DE LA METAPHYSIQUE

Chapitre unique. — En quoi consiste la « méthode métaphysique »……………………………………..…………………………p.49

I. Les caractères de cette méthode

1.  Premier caractère: Le principe d'identité

2.  Deuxième caractère : Isolement des choses

3.  Troisième caractère : Divisions éternelles et infranchissables

4.  Quatrième caractère: Opposition des contraires

II. Mise au point

III.  La conception métaphysique de la nature

IV.  La conception métaphysique de la société

V. La conception métaphysique de la pensée

VI. Qu'est-ce que la logique ?

VII. L'explication du mot : « métaphysique »

Questions de contrôle

Quatrième partie - ETUDE DE LA DIALECTIQUE

Chapitre premier. — Introduction à l'étude de la dialectique………………………………………………………………………..p.59

I.  Précautions préliminaires

II.  D'où est née la méthode dialectique ?

III.  Pourquoi la dialectique a-t-elle été longtemps dominée par la conception métaphysique ?

IV.  Pourquoi le matérialisme du XVIII" siècle était-il métaphysique ?

V.  Comment est né le matérialisme dialectique : Hegel et Marx

Chapitre II. — Les lois de la dialectique. — Première loi : le changement dialectique…………………………………………….p.64

I.  Ce que l'on entend par le mouvement dialectique

II.   « Pour la dialectique, il n'y a rien de définitif, d'absolu, de sacré... » (Engels)

III.  Le processus

Chapitre III. — Deuxième loi : l’action réciproque…………………………………………………………………………………p.67

I.  L'enchaînement des processus

II.  Les grandes découvertes du XIXe siècle

1.  La découverte de la cellule vivante et de son développement

2.  La découverte de la transformation de l'énergie

3.  La découverte de l'évolution chez l'homme et les animaux

III.  Le développement historique ou développement en spirale

IV.  Conclusion

Chapitre IV. — Troisième loi : la contradiction……………………………………………………………………………………..p.71

I. La vie et la mort

II.  Les choses se transforment en leur contraire

III.  Affirmation, négation et négation de la négation

IV.  Faisons le point

V. L'unité des contraires

VI.  Erreurs à éviter

VII. Conséquences pratiques de la dialectique

Chapitre V. — Quatrième loi : transformation de la quantité en qualité ou loi du progrès par bonds…………………...………….p.80

I. Réformes ou révolution ?

1.  L'argumentation politique

2.  L'argumentation historique

3.  L'argumentation scientifique

II. Le matérialisme historique :

1. Comment expliquer l'histoire ?

2. L'histoire est l'œuvre des hommes

Questions de contrôle

Cinquième partie - LE MATERIALISME HISTORIQUE

Chapitre premier. — Les forces motrices de l'histoire………………………………………………………………………………p.85

I. Une erreur à éviter

II. L'« être social » et la conscience

III.  Théories idéalistes

IV.  L' « être social » et les conditions d'existence

V. Les luttes des classes, moteur de l'histoire

Chapitre II. — D'où viennent les classes et les conditions économiques ?.........................................................................................p.88

I. Première grande division du travail

II. Première division de la société en classes

III.  Deuxième grande division du travail

IV.  Deuxième division de la société en classes

V. Ce qui détermine les conditions économiques

VI. Les modes de production

VII. Remarques

Questions de contrôle

Sixième partie - LE MATERIALISME DIALECTIQUE ET LES IDEOLOGIES

Chapitre unique. — Application de la méthode dialectique aux idéologies……………………………………………...…………p.93

I. Quelle est l'importance des idéologies pour le marxisme ?

II. Qu'est-ce qu'une idéologie ? (Facteur et formes idéologiques)

III.  Structure économique et structure idéologique

IV.  Conscience vraie et conscience fausse

V. Action et réaction des facteurs idéologiques

VI. Méthode d'analyse dialectique

VII. Nécessité de la lutte idéologique

VIII. Conclusion

Questions de contrôle

Devoir de récapitulation générale

Index……………………...………………………………………………………………………………………………………………….p.101

Bibliographie

Biographie de Georges Politzer

On l'a souvent dit : Georges Politzer, c'est avant tout le Rire. Le Rire de défi, non pas du rebelle, mais du révolutionnaire, non pas de l'anarchiste, mais du marxiste, qui se gausse des efforts du vieux monde pour échapper à la condamnation de l'histoire. Le Rire vainqueur jusque dans les chaînes, face à Pucheu et aux tortionnaires de la Gestapo, le Rire vainqueur face au peloton d'exécution...

Georges Politzer était né en 1903. Il avait vu le jour dans une petite ville du nord de la Hongrie, Navyvarod ; mais, à 17 ans, il avait dû quitter ce pays tombé au pouvoir de la réaction, et qui persécutait son père. Il avait opté pour la France, et par choix de l'intelligence et du cœur, il était Français de la tête aux pieds. Nul n'a mieux parlé que lui des gloires de l'esprit français. Au foyer paternel, c'est en lisant Voltaire et Diderot qu'il avait appris notre langue, et au Quartier Latin, il ne mit que cinq ans pour conquérir tous ses titres, jusqu'à l'agrégation de philosophie.

Georges Politzer avait en lui l'étoffe d'un philosophe de génie, tout comme son ami et compagnon de supplice Jacques Solomon était un spécialiste hors ligne de la physique théorique.

Politzer a certes évolué, depuis qu'en 1926 il se débattait encore avec une certaine forme de pensée idéaliste. Il a lutté, il a progressé en suant d'ahan. Et au bout du chemin, c'est le marxisme qu'il a rencontré.

Quand au début des années 30, l'Université ouvrière de Paris eut été fondée dans les vieux locaux de l'avenue Mathurin-Moreau, elle eut un grand nombre de professeurs remarquables et même illustres, mais aucun cours n'enthousiasmait les élèves, ouvriers, employés et intellectuels, autant que le cours de Georges Politzer sur le matérialisme dialectique. Les problèmes les plus difficiles devenaient grâce à lui clairs et simples, sans jamais perdre leur statut philosophique, leur dignité théorique, et une ironie impitoyable mettait à nu l'inconsistance des points de vue des adversaires. Disciple de Marx et de Lénine, Politzer était à la fois un polémiste redoutable et un penseur d'une culture et d'une compétence inattaquables.

Aujourd'hui, le marxisme a conquis droit de cité à l'Université, Marx et Lénine sont au programme des concours. De gros ouvrages universitaires sont consacrés à la philosophie soviétique. Mais il y a quarante ans, il en allait tout autrement : Auguste Cornu faisait figure de pionnier, voire d'enfant perdu, en soutenant en Sorbonne une thèse sur la formation des idées du jeune Marx. Les travaux et les exposés philosophiques de Georges Politzer ont représenté en France, avec les recherches d'Auguste Cornu, la première tentative importante d'éclairer les questions centrales de la philosophie à la lumière du matérialisme dialectique.

Il est difficile de faire comprendre quel vent salubre balaya tout à coup les miasmes des marécages académiques quand, en 1929, le philosophe à cheveux roux, semblable à quelque jeune dieu auréolé d'un feu purificateur, lança tout à coup son brûlot contre la pensée idéaliste officielle : « La fin d'une parade philosophique : le bergsonisme. » Jusqu'à la guerre, Politzer allait continuer la polémique victorieuse contre tous les adversaires du marxisme, qui à ses yeux se confondait avec le rationalisme moderne, et simultanément assumer avec éclat la défense des traditions progressistes de l'histoire française de la philosophie, à commencer par la grande tradition de Descartes.

Politzer s'intéressait vivement aux problèmes de psychologie. On lui doit la tentative de créer une psychologie nouvelle, qu'il nommait « concrète », par opposition à la psychologie idéaliste traditionnelle. Au début, il subissait dans une certaine mesure l'influence de la méthode psychanalytique de Freud, qui le séduisait par sa tendance à étudier l'homme vivant tout entier, et non les fonctions psychologiques prises à part. Mais bientôt, dès 1928, il comprit ce qu'il y avait de contestable dans le freudisme et il s'en sépara dans sa Critique des fondements de la psychologie. L'effort de Politzer pour souligner la valeur sociale de la personnalité garantit la durée à son œuvre de psychologue.

Il avait enseigné au lycée de Cherbourg, puis à Evreux, enfin au lycée de Saint-Maur. En même temps, il avait créé et il dirigeait — avec tant de passion que souvent il y passait toute la nuit — le Centre de documentation du Parti communiste français. Il devient économiste. Ses chroniques de l'Humanité sont lues par un public toujours plus vaste.

Le journalisme l'attire. Celui qui écrit ces lignes le sait bien, car il se rappelle avec quel joyeux empressement, entre 1937 et 1939, Georges Politzer venait parfois le remplacer pour quelques jours au poste de rédacteur en chef du quotidien communiste. Maurice Thorez se prend d'affection pour ce militant exceptionnel.

Arrive la drôle de guerre. Mobilisé à Paris, à l'Ecole militaire, Politzer reste aux côtés de la direction clandestine du Parti communiste. Le 6 juin 1940, c'est lui qui transmet à de Monzie, agissant au nom du gouvernement, les propositions historiques du Parti communiste pour l'organisation de la défense de Paris par l'appel au peuple.

Avec son admirable compagne, Maïe Politzer, qui devait disparaître dans l'horreur des camps nazis, Politzer fut de 1940 à 1942 l'âme de la Résistance universitaire. C'est peu de dire qu'il montra toujours un courage à toute épreuve : il faudrait parler de son étonnant sang-froid, de sa crânerie superbe.

Dès sa démobilisation en juillet 1940, Politzer prépare avec Jacques Solomon et Daniel Decour-demanche l'édition d'un bulletin clandestin s'adressant aux membres de l'enseignement secondaire et supérieur. Tout de suite après l'arrestation de Paul Langevin par la Gestapo au mois d'octobre sort le n°1 de L'Université libre. Le journal relate l'emprisonnement de l'illustre physicien et les autres exactions commises par l'envahisseur fasciste; il ajoute :

Au travers de tous ces événements, l'Université s'est ressaisie ; elle s'est forgée une unanimité de pensée, de volonté, comme jamais dans son histoire pourtant glorieuse. Elle est unanime dans sa volonté de continuer, envers et contre tous, la grande tradition de culture dans la liberté qui fut et qui reste celle de l'Université française.

Désormais, L'Université libre ne cessera plus le combat contre l'ingérence de l'ennemi dans les affaires de l'Université, contre les arrestations d'enseignants israélites et d'étudiants, contre la modification rétrograde des programmes, contre la prétendue « révolution nationale » qui n'est qu'une entreprise de réaction au service de l'impérialisme nazi. Le journal anime sans crainte la résistance à l'ennemi dans les lycées et dans l'enseignement supérieur. La collection de L'Université libre en 1940-1941 est le plus éclatant témoignage de la participation des communistes au combat libérateur dès les débuts de l'occupation. Il sort exactement huit numéros du journal avant janvier 1941, vingt numéros avant juin.

Quand l'agression hitlérienne contre l'Union soviétique se produit, le n° 22 de L'Université libre, datée du 1er juillet 1941, sous le titre « Le tombeau de Hitler », annonce la victoire certaine de « l'armée unie d'un peuple uni », de « l'armée nouvelle d'une société nouvelle ».

Dès mars 1941 a circulé dans les milieux patriotes un pamphlet antinazi d'une vigueur et d'un mordant exceptionnels. Il se présentait sans nom d'auteur, mais le style en était reconnu de tout le monde. Chacun savait que Révolution et contre-révolution au XXe siècle était l'œuvre de Politzer. La brochure, imprimée en janvier-février, avait quarante-cinq pages. C'était une éclatante réplique au discours que le Reichsleiter Rosenberg avait prononcé à la Chambre des députés, à la fin de novembre 1940, pour un « règlement de comptes avec les idées de 1789 » et qui avait paru sous le titre : Sang et or, ou l'Or vaincu par le sang.

Politzer y démontrait que la démocratie n'était pas morte, qu'elle n'avait pas été enterrée par les victoires de Hitler. Il précisait que le caractère étriqué et la corruption de la démocratie bourgeoise sont imputables au capitalisme, tandis que le renversement du capitalisme et la réalisation du socialisme permettent la démocratie véritable :

A la vérité, écrivait-il, il n'y a pas de puissance au monde qui puisse faire oublier la science et la raison, sauvegardées et protégées par l'Union soviétique, qui crée la civilisation exempte de barbarie, la civilisation socialiste.

Lorsque dans un manifeste du 15 mai 1941, le Comité central du Parti communiste français eut appelé à la formation d'un large Front national pour la liberté et l'indépendance de la France, Politzer, ainsi que J. Solomon et D. Decourdemanche, redoubla d'efforts pour obtenir l'adhésion des patriotes non communistes appartenant à l'élite du monde intellectuel.

En février 1942, Politzer était arrêté, dans le gigantesque coup de filet qui, de janvier à mars, coûta la liberté à environ cent quarante patriotes communistes.

Pas un mot ne sortit de sa bouche, au milieu des supplices. Sa femme a raconté dans une lettre :

A plusieurs reprises, les officiers de la Gestapo lui ont demandé d'accepter de travailler à réformer la jeunesse française, lui promettant notre libération immédiate et une vie large et heureuse pour toute notre famille... Ils lui ont donné huit jours pour réfléchir. Puis, un jour, il a été appelé et, ayant maintenu sa position, on lui a répondu qu'il serait fusillé dans les jours qui suivraient... Avant d'être fusillé, il a pu passer vingt minutes dans ma cellule. Il était sublime. Jamais son visage n'avait été aussi lumineux. Un calme rayonnant se dégageait de lui et toute son attitude était impressionnante, même pour ses bourreaux. Il m'a dit tout son bonheur de mourir pour son Parti et pour la France. Il était particulièrement heureux de mourir sur le sol français. Vous savez combien cela comptait pour lui.

Ce ne fut pas la moindre infamie de la IVe République que le refus obstiné opposé en 1954-1955 par les ministres successifs des Anciens Combattants à la demande d'attribution posthume du titre d'interné résistant à Georges Politzer. Le premier de ces ministres, aujourd'hui bien oublié, était un réactionnaire, André Mutter, membre du gouvernement Laniel, le second, un gaulliste sans éclat, s'appelait Raymond Triboulet, et il était couvert par un président du Conseil du nom d'Edgar Faure. Il fallut en 1956 un jugement du tribunal administratif, rendu après les plaidoiries de Me Bruguier et de Me de Moro-Giafferi, pour réparer la conduite misérable de ces hommes de néant.

Peu importent ces mesquineries au souvenir de Georges Politzer. Son exemple a inspiré et inspirera des générations d'intellectuels.

Politzer occupait une position universitaire solide, et qui serait facilement devenue brillante; sa valeur était hautement reconnue par les spécialistes. Mais en même temps, c'était un intellectuel d'un type nouveau, lié corps et âme à la classe ouvrière et à ses luttes, se sentant responsable devant le Parti à un égal degré pour les tâches pratiques qui s'imposent quotidiennement à tout militant et pour les œuvres élevées qui sont de l'ordre de la pensée.

Par toute leur activité dans les Maisons de la culture, au Groupe d'études matérialistes de Paul Langevin, à l'Université ouvrière, et par la plume comme sous la forme orale, Politzer et Solomon ont montré comment faire connaître le marxisme aux intellectuels, aux savants, aux étudiants. Aux vacances de 1938, entre deux courses de haute montagne, dans un chalet au pied du glacier des Bossons, ils amorçaient une traduction de la Dialectique de la nature. Les hautes questions philosophiques ne s'effaçaient jamais de leur horizon. Ils étaient convaincus que le sort de leur Parti était intrinsèquement lié à celui de la vérité elle-même.

Dans la pratique, cette conviction se traduisait notamment par le souci constant de vivre avec le Parti, avec les membres du Parti. La conduite de nos deux amis était diamétralement opposée à l'attitude prétentieuse des intellectuels qui s'érigent en donneurs de leçons, en mentors des masses, alors qu'en réalité ils obéissent aux influences bourgeoises. Politzer a dit :

L'indépendance intellectuelle, l'esprit critique ne consiste pas à céder à la réaction, mais au contraire à ne pas lui céder.

Cette maxime, croyons-nous, résume assez bien tout son enseignement. Puissent de jeunes intellectuels, toujours plus nombreux, accomplir toujours mieux le testament du héros tombé en mai 1942 !

Georges Cogniot

PREFACE

Ce manuel élémentaire reproduit les notes prises par un de ses élèves aux cours professés par Georges Politzer à l'Université Ouvrière en l'année scolaire 1935-1936. Pour en comprendre le caractère et la portée, il est nécessaire de préciser d'abord le but et la méthode de notre maître.

On sait que l'Université Ouvrière avait été fondée en 1932 par un petit groupe de professeurs pour enseigner la science marxiste aux travailleurs manuels et leur donner une méthode de raisonnement qui leur permette de comprendre notre temps et de guider leur action, aussi bien dans leur technique que dans le domaine politique et social.

Dès le début, Georges Politzer se chargea d'enseigner à l'Université Ouvrière la philosophie marxiste, le matérialisme dialectique : tâche d'autant plus nécessaire que l'enseignement officiel continuait d'ignorer ou de dénaturer cette philosophie.

Aucun de ceux qui eurent le privilège d'assister à ces cours — il parlait chaque année devant un nombreux auditoire où se mêlaient tous les âges et toutes les professions, mais où dominaient les jeunes ouvriers — n'oubliera J'impression profonde que tous ressentaient devant ce grand garçon roux, si enthousiaste et si savant, si consciencieux et si fraternel, si attentif à mettre à la portée d'un public inexpérimenté une matière aride et ingrate.

Son autorité imposait à son cours une discipline agréable, qui savait être sévère, mais restait toujours juste, et il se dégageait de sa personne une telle puissance de vie, un tel rayonnement qu'il était admiré et aimé de tous ses élèves.

Pour se faire bien comprendre, Politzer supprimait d'abord de son vocabulaire tout /argon philosophique, tous les termes techniques que peuvent seuls entendre les initiés. Il ne voulait employer que des mots simples et connus de tous. Lorsqu'il était obligé de se servir d'un terme particulier, il ne manquait pas de l'expliquer longuement par des exemples familiers. Si, dans les discussions, quelqu'un de ses élèves employait des mots savants, il le reprenait et se moquait de lui avec cette ironie mordante que connaissaient bien tous ceux qui l'ont approché.

Il voulait être simple et clair et taisait toujours appel au bon sens, sans jamais rien sacrifier pourtant de la justesse et de la vérité des idées et des théories qu'il exposait. Il savait rendre ses cours extrêmement vivants en faisant participer l'auditoire à des discussions, avant et après la leçon. Voici comment il procédait : à la fin de chaque leçon, il donnait ce qu'il appelait une ou deux questions de contrôle ; elles avaient pour objet de résumer la leçon ou d'en appliquer le contenu à quelque sujet particulier. Les élèves n'étaient pas obligés de traiter le sujet, mais nombreux étaient ceux qui s'y astreignaient et apportaient un devoir écrit au début du cours suivant. Il demandait alors qui avait tait le devoir ; on levait la main, et il choisissait quelques-uns d'entre nous pour lire notre texte et le compléter au besoin d'explications orales. Politzer critiquait ou félicitait et provoquait entre les élèves une brève discussion; puis il concluait en tirant les enseignements de la discussion. Cela durait environ une demi-heure et permettait à ceux qui avaient manqué le cours précédent de combler la lacune et de faire la liaison avec ce qu'ils avaient appris auparavant; cela permettait aussi au professeur de voir dans quelle mesure il avait été compris ; il insistait au besoin sur les points délicats ou obscurs.

Il commençait alors la leçon du jour, qui durait environ une heure ; puis les élèves posaient des questions sur ce qui venait d'être dit. Ces questions étaient généralement intéressantes et judicieuses; Politzer en profitait pour apporter des précisions et reprendre l'essentiel du cours sous un angle différent.

Georges Politzer, qui avait une connaissance approfondie de son sujet et une intelligence d'une admirable souplesse, se préoccupait avant tout des réactions de son auditoire : il prenait chaque fois la « température » générale et vérifiait constamment le degré d'assimilation de ses élèves. Aussi était-il suivi par eux avec un intérêt passionné. Il a contribué à former des milliers de militants, et nombreux parmi eux sont ceux qui occupent aujourd'hui des postes « responsables ».

Nous qui comprenions la valeur de cet enseignement et qui songions à tous ceux qui ne pouvaient l'entendre, et particulièrement à nos camarades de province, nous souhaitions la publication de ses cours. Il promettait d'y penser, mais, au milieu de son immense travail, il ne trouvait jamais le temps de réaliser ce projet.

C'est alors qu'au cours de ma deuxième année de philosophie à l'Université Ouvrière, où l'on avait créé un cours supérieur, j'eus l'occasion de demander à Politzer de me corriger des devoirs, et je lui remis, à sa demande, mes cahiers de cours. Il les trouva bien faits, et je lui proposai de rédiger, d'après mes notes, les leçons du cours élémentaire. Il m'y encouragea, en me promettant de les revoir et de les corriger. Il n'en trouva malheureusement pas le temps. Ses occupations étant de plus en plus lourdes, il laissa le cours supérieur de philosophie à notre ami René Maublanc. Je mis celui-ci au courant de nos projets et lui demandai de revoir les premières leçons que j'avais rédigées. Il accepta avec empressement et m'encouragea à terminer ce travail que nous devions ensuite présenter à Georges Politzer. Mais la guerre survint: Politzer devait trouver une mort héroïque dans la lutte contre l'occupant hitlérien.

Bien que notre professeur ne soit plus là pour mettre au point un travail qu'il avait approuvé et encouragé, nous avons cru utile de le publier d'après mes notes de cours.

Georges Politzer, qui commençait chaque année son cours de philosophie à l'Université Ouvrière en fixant le véritable sens du mot matérialisme et en protestant contre les déformations calomnieuses que certains lui font subir, rappelait énergiquement que le philosophe matérialiste ne manque pas d'idéal et qu'il est prêt à combattre pour faire triompher cet idéal. Il a su, depuis lors, le prouver par son sacrifice, et sa mort héroïque illustre ce cours initial, où il affirmait l'union, dans le marxisme, de la théorie et de la pratique. Il n'est pas inutile d'insister sur ce dévouement à un idéal, cette abnégation et cette haute valeur morale à une époque où, de nouveau, on ose présenter le marxisme comme « une doctrine qui transforme l'homme en une machine ou un animal à peine supérieur au gorille ou au chimpanzé » (Sermon de carême à Notre-Dame de Paris, prononcé, le 18 février 1945, par le R. P. Panici.)

Nous ne protesterons jamais assez contre de tels outrages à la mémoire de nos camarades. Rappelons seulement à ceux qui ont l'audace de les prononcer l'exemple de Georges Politzer, de Gabriel Péri, de Jacques Solomon, de Jacques Decour, qui étaient des marxistes et qui professaient à l'Université Ouvrière de Paris : tous de bons camarades, simples, généreux ; fraternels, qui n'hésitaient pas à consacrer une bonne partie de leur temps à venir dans un quartier perdu enseigner aux ouvriers la philosophie, l'économie politique, l'histoire ou les sciences.

L'Université Ouvrière fut dissoute en 1939. Elle a reparu, au lendemain de la Libération, sous le nom d'Université Nouvelle. Une nouvelle équipe de professeurs dévoués, faisant la relève des fusillés, est venue reprendre l'œuvre interrompue.

Rien ne peut nous encourager davantage dans cette tâche essentielle que de rendre hommage à l'un des fondateurs et animateurs de l'Université Ouvrière, et aucun hommage ne nous semble plus juste et plus utile que de publier les Principes élémentaires de philosophie de Georges Politzer.

Maurice LE GOAS.            

 

 

 

 

AVERTISSEMENT DES EDITEURS

Cette nouvelle édition des Principes élémentaires de Philosophie de Georges Politzer a été complètement revue, améliorée en certains passages et l'index a été mis au point. Au moment où la lutte idéologique, traduction et expression de la lutte politique, devient de plus en plus aiguë, au moment où il importe que tout esprit honnête soit intellectuellement armé pour faire face aux entreprises de mystification, il nous a paru en effet indispensable de présenter au lecteur un instrument de travail plus parfait encore que celui que nous lui avions présenté précédemment. Nous devons à la vérité de dire que nos premières éditions comportaient certains défauts de présentation, effets de notre hâte à répandre cet indispensable outil intellectuel.

Aussi avons-nous corrigé ligne à ligne la présentation de l'exposé de Politzer, en l'améliorant chaque fois qu'il était nécessaire. Il va de soi que nous n'avons apporté aucune modification à ce qu'on appelle le « fond » ; nos seules corrections ont porté sur la forme.

Nous avons ajouté aussi un certain nombre de Devoirs écrits et de Lectures (retrouvés dans les notes de notre ami Le Goas et indiqués par Politzer) et revu complètement l'index, de telle sorte qu'il constitue maintenant un bref dictionnaire d'histoire de la philosophie.

Notre grand camarade Paul Langevin avait corrigé, de sa main et sur l'exemplaire des Principes qu'il possédait, deux erreurs de détail sur une question scientifique qu'il connaissait bien (page 79 de la première édition). Paul Langevin désirait que ces corrections soient effectuées lors de la réédition. C'est aujourd'hui chose faite.

Tel qu'il se présente maintenant, l'ouvrage de Politzer constitue, mieux encore qu'avant, une introduction indispensable à la connaissance du matérialisme dialectique, fondement du marxisme. Il servira le militant ouvrier comme le lycéen, l'esprit curieux comme l'intellectuel déjà spécialisé.

Que l'ouvrage comporte des lacunes, que certains développements aient besoin de précisions, que certaines affirmations demandent à être approfondies par des explications complémentaires, Politzer le savait avant tout autre. Mais il savait aussi qu'en philosophie comme en toutes choses il faut commencer par Je commencement. C'est donc comme un enseignement élémentaire qu'il faut considérer l'enseignement que dispensent ces Principes.

Nous avons tenu à faire suivre chaque cours de la liste des lectures recommandées par Politzer, ainsi que des questions de contrôle qu'il proposait à la fin de chaque leçon.

Nous pensons que ces questions présentent le plus grand intérêt pour deux catégories de lecteurs :

1. Pour les élèves, c'est-à-dire pour ceux qui ne veulent pas se contenter de lire le livre, mais veulent l'étudier. A ceux-là nous conseillons, lorsqu'ils auront complété chaque leçon par les lectures recommandées, de fermer le livre et de réfléchir à la ou aux questions posées, d'y répondre mentalement ou, mieux, par écrit. L'élève contrôlera ensuite par lui-même, en se référant au livre, ce qu'il aura retenu de la leçon.

2. Pour les maîtres, c'est-à-dire pour ceux qui voudront se servir de ce livre comme base d'enseignement dans un cercle d'études marxistes. A ceux-là, les questions permettront d'animer l'enseignement, de susciter des discussions fécondes.

A tous, enfin, ce livre fournira ainsi, avec les indications de son introduction et avec ses questions de contrôle, une méthode pédagogique qui s'est révélée excellente.

 

 

 

PREMIERE PARTIE - LES PROBLÈMES PHILOSOPHIQUES

INTRODUCTION

I. — Pourquoi devons-nous étudier la philosophie ?

II. — L'étude de la philosophie est-elle une chose difficile ?

III.  — Qu'est-ce que la philosophie?

IV.  — Qu'est-ce que la philosophie matérialiste ?

V. — Quels sont les rapports entre le matérialisme et le marxisme ?

VI. — Campagnes de la bourgeoisie contre le marxisme.

I — Pourquoi devons-nous étudier la philosophie ?

Nous nous proposons, au cours de cet ouvrage, de présenter et d'expliquer les principes élémentaires de la philosophie matérialiste.

Pourquoi ? Parce que le marxisme est intimement lié à une philosophie et à une méthode : celles du matérialisme dialectique. Il est donc indispensable d'étudier cette philosophie et cette méthode pour bien comprendre le marxisme et pour réfuter les arguments des théories bourgeoises autant que pour entreprendre une lutte politique efficace.

En effet, Lénine a dit : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire. » (Lénine : Que faire ? Editions sociales, 1947, p. 26.) Cela veut dire tout d'abord : il faut lier la théorie à la pratique.

Qu'est-ce que la pratique ? C'est le fait de réaliser. Par exemple, l'industrie, l'agriculture réalisent (c'est-à-dire : font passer dans la réalité) certaines théories (théories chimiques, physiques ou biologiques).

Qu'est-ce que la théorie ? C'est la connaissance des choses que nous voulons réaliser.

On peut n'être que pratique — mais alors on réalise par routine. On peut n'être que théorique — mais alors ce que l'on conçoit est souvent irréalisable. Il faut donc qu'il y ait liaison entre la théorie et la pratique. Toute la question est de savoir quelle doit être cette théorie et quelle doit être sa liaison avec la pratique.

Nous pensons qu'il faut au militant ouvrier une méthode d'analyse et de raisonnement juste pour pouvoir réaliser une action révolutionnaire juste. Qu'il lui faut une méthode qui ne soit pas un dogme lui donnant des solutions toutes faites, mais une méthode qui tienne compte des faits et des circonstances qui ne sont jamais les mêmes, une méthode qui ne sépare jamais la théorie de la pratique, le raisonnement de la vie. Or cette méthode est contenue dans la philosophie du matérialisme dialectique, base du marxisme, que nous nous proposons d'expliquer.

II. — L'étude de la philosophie est-elle une chose difficile ?

On pense généralement que l'étude de la philosophie est pour les ouvriers une chose pleine de difficultés, nécessitant des connaissances spéciales. Il faut avouer que la façon dont sont rédigés les manuels bourgeois est bien faite pour les confirmer dans ces idées et ne peut que les rebuter.

Nous ne songeons pas à nier les difficultés que comporte l'étude en général, et celle de la philosophie en particulier ; mais ces difficultés sont parfaitement surmontables, et elles viennent surtout du fait qu'il s'agit de choses nouvelles pour beaucoup de nos lecteurs.

Dès le début, nous allons d'ailleurs, en précisant les choses, les appeler à revoir certaines définitions de mots qui sont faussés dans le langage courant.

III. — Qu'est-ce que la philosophie ?

Vulgairement, on entend par, philosophe : ou bien celui qui vit dans les nuages, ou bien celui qui prend les choses par le bon côté, celui qui ne « s'en fait pas ». Or, tout au contraire, le philosophe est celui qui veut, à certaines questions, apporter des réponses précises, et, si on considère que la philosophie veut donner une explication aux problèmes de l'univers (d'où vient le monde ? où allons-nous ? etc.), on voit, par conséquent, que le philosophe s'occupe de beaucoup de choses, et, à l'inverse de ce que l'on dit, « s'en fait beaucoup ».

Nous dirons donc pour définir la philosophie, qu'elle veut expliquer l'univers, la nature, qu'elle est l'étude des problèmes les plus généraux. Les problèmes moins généraux sont étudiés par les sciences. La philosophie est donc un prolongement des sciences en ce sens qu'elle repose sur les sciences et dépend d'elles.

Nous ajoutons tout de suite que la philosophie marxiste apporte une méthode de résolution de tous les problèmes et que cette méthode relève de ce qu'on appelle : le matérialisme.

IV. — Qu'est-ce que la philosophie matérialiste ?

Là encore existe une confusion que nous devons immédiatement dénoncer ; vulgairement, on entend par matérialiste celui qui ne pense qu'à jouir des plaisirs matériels. Jouant sur le mot matérialisme — qui contient le mot matière, — on est ainsi arrivé à lui donner un sens tout à fait faux.

Nous allons, en étudiant le matérialisme, — au sens scientifique du mot, — lui redonner sa véritable signification ; être matérialiste n'empêchant pas, nous allons le voir, d'avoir un idéal et de combattre pour le faire triompher.

Nous avons dit que la philosophie veut donner une explication aux problèmes les plus généraux du monde. Mais, au cours de l'histoire de l'humanité, cette explication n'a pas toujours été la même.

Les premiers hommes cherchèrent bien à expliquer la nature, le monde, mais ils n'y parvinrent pas. Ce qui permet, en effet, d'expliquer le monde et les phénomènes qui nous entourent, ce sont les sciences ; or les découvertes qui ont permis aux sciences de progresser sont très récentes.

L'ignorance des premiers hommes était donc un obstacle à leurs recherches. C'est pourquoi au cours de l'Histoire, à cause de cette ignorance, nous voyons surgir les religions, qui veulent expliquer, elles aussi, le monde, mais par des forces surnaturelles. C'est là une explication antiscientifique. Or comme, petit à petit, au cours des siècles, la science va se développer, les hommes vont essayer d'expliquer le monde par les faits matériels à partir d'expériences scientifiques et c'est de là, de cette volonté d'expliquer les choses par les sciences, que naît la philosophie matérialiste.

Nous allons, dans les pages suivantes, étudier ce qu'est le matérialisme, mais, dès maintenant, nous devons retenir que le matérialisme n'est rien d'autre que l'explication scientifique de l'univers.

En étudiant l'histoire de la philosophie matérialiste, nous verrons combien a été âpre et difficile la lutte contre l'ignorance. Il faut d'ailleurs constater que de nos jours cette lutte n'est pas encore terminée, puisque le matérialisme et l'ignorance continuent à subsister ensemble, côte à côte.

C'est au cœur de cette lutte que Marx et Engels sont intervenus. Comprenant l'importance des grandes découvertes du XIXe siècle, ils ont permis à la philosophie matérialiste de faire d'énormes progrès dans l'explication scientifique de l'univers. C'est ainsi qu'est né le matérialisme dialectique. Puis, les premiers, ils ont compris que les lois qui régissent le monde permettent aussi d'expliquer la marche des sociétés ; ils ont formulé ainsi la célèbre théorie du matérialisme historique.

Nous nous proposons d'étudier dans cet ouvrage premièrement le matérialisme, puis le matérialisme dialectique et enfin le matérialisme historique. Mais, avant tout, nous voulons établir les rapports entre le matérialisme et le marxisme.

V. — Quels sont les rapports entre le matérialisme et le marxisme ?

Nous pouvons les résumer de la façon suivante :

1.  La philosophie du matérialisme constitue la base du marxisme (Voir Lénine : « Le matérialisme et la philosophie du réformisme », Karl Marx et sa doctrine, Editions sociales 1953, p. 60.)

2.  Cette philosophie matérialiste qui veut apporter une explication scientifique aux problèmes du monde progresse, au cours de l'Histoire, en même temps que les sciences. Par conséquent, le marxisme est issu des sciences, repose sur elles et évolue avec elles.

3.  Avant Marx et Engels, il y eut, à plusieurs reprises et sous des formes différentes, des philosophies matérialistes. Mais, au XIXe siècle, les sciences faisant un grand pas en avant, Marx et Engels ont renouvelé ce matérialisme ancien à partir des sciences modernes et nous ont donné le matérialisme moderne, que l'on appelle matérialisme dialectique, et qui constitue la base du marxisme.

Nous voyons par ces quelques explications que la philosophie du matérialisme, contrairement à ce que l'on dit, a une histoire. Cette histoire est intimement liée à l'histoire des sciences. Le marxisme, basé sur le matérialisme, n'est pas sorti du cerveau d'un seul homme. Il est l'aboutissement, la continuation du matérialisme ancien, qui était déjà très avancé chez Diderot. Le marxisme, c'est l'épanouissement du matérialisme développé par les Encyclopédistes du XVIIIe siècle, enrichi par les grandes découvertes du XIXe siècle. Le marxisme est une théorie vivante, et pour montrer tout de suite de quelle façon il envisage les problèmes, nous allons prendre un exemple que tout le monde connaît : le problème de la lutte des classes.

Que pensent les gens sur cette question ? Les uns pensent que la défense du pain dispense de la lutte politique. D'autres pensent qu'il suffit de faire le coup de poing dans la rue, niant la nécessité de l'organisation. D'autres encore prétendent que seule la lutte politique apportera une solution à cette question.

Pour le marxiste, la lutte des classes comprend :

a.  Une lutte économique.

b.  Une lutte politique.

c.  Une lutte idéologique.

Le problème doit donc être posé simultanément sur ces trois terrains.

a.  On ne peut pas lutter pour le pain sans lutter pour la paix, sans défendre la liberté et sans défendre toutes les idées qui servent la lutte pour ces objectifs.

b.  Il en est de même dans la lutte politique, qui, depuis Marx, est devenue une véritable science : on est obligé de tenir compte à la fois de la situation économique et des courants idéologiques pour mener une telle lutte.

c.  Quant à la lutte idéologique, qui se manifeste par la propagande, on doit tenir compte, pour qu'elle soit efficace, de la situation économique et politique.

Nous voyons donc que tous ces problèmes sont intimement liés et, ainsi, que l'on ne peut prendre de décision devant n'importe quel aspect de ce grand problème qu'est la lutte de classes — dans une grève par exemple. — sans prendre en considération chaque donnée du problème et l'ensemble du problème lui-même.

C'est donc celui qui sera capable de lutter sur tous les terrains qui donnera au mouvement la meilleure direction.

C'est ainsi qu'un marxiste comprend ce problème de la lutte de classes. Or, dans la lutte idéologique que nous devons mener tous les jours, nous nous trouvons devant des problèmes difficiles à résoudre : immortalité de l'âme, existence de Dieu, origines du monde, etc. C'est le matérialisme dialectique qui nous donnera une méthode de raisonnement, qui nous permettra de résoudre tous ces problèmes et, aussi bien, de dévoiler toutes les campagnes de falsification du marxisme, qui prétendent le compléter et le renouveler.

VI. — Campagnes de la bourgeoisie contre le marxisme.

Ces tentatives de falsification s'appuient sur des bases très variées. On cherche à dresser contre le marxisme les auteurs socialistes de la période prémarxiste (avant Marx). C'est ainsi que l'on voit très souvent utiliser contre Marx les « utopistes ». D'autres utilisent Proudhon ; d'autres puisent chez les révisionnistes d'avant 1914 (pourtant magistralement réfutés par Lénine). Mais ce qu'il faut surtout souligner, c'est la campagne de silence que fait la bourgeoisie contre le marxisme. Elle a tout fait en particulier pour empêcher que soit connue la philosophie matérialiste sous sa forme marxiste. Particulièrement frappant à cet égard est l'ensemble de l'enseignement philosophique tel qu'il est donné en France.

Dans les établissements d'enseignement secondaire, on enseigne la philosophie. Mais on peut suivre tout cet enseignement sans jamais apprendre qu'il existe une philosophie matérialiste élaborée par Marx et Engels. Quand, dans les manuels de philosophie, on parle de matérialisme (car il faut bien en parler), il est toujours question de marxisme et du matérialisme d'une façon séparée. On présente le marxisme, en général, uniquement comme une doctrine politique et, quand on parle du matérialisme historique, on ne parle pas à ce propos de la philosophie du matérialisme ; enfin on ignore tout du matérialisme dialectique.

Cette situation n'existe pas seulement dans les écoles et dans les lycées : elle est exactement la même dans les Universités. Le fait le plus caractéristique, c'est que l'on peut être en France un « spécialiste » de la philosophie, muni des diplômes les plus élevés que délivrent les Universités françaises, sans savoir que le marxisme a une philosophie, qui est le matérialisme, et sans savoir que le matérialisme traditionnel a une forme moderne, qui est le marxisme, ou matérialisme dialectique.

Nous voulons, nous, démontrer que le marxisme comporte une conception générale non seulement de la société, mais encore de l'univers lui-même. Il est donc inutile, contrairement à ce que prétendent certains, de regretter que le grand défaut du marxisme soit son manque de philosophie, et de vouloir, comme quelques théoriciens du mouvement ouvrier, aller à la recherche de cette philosophie qui manque au marxisme. Car le marxisme a une philosophie, qui est le matérialisme dialectique.

Il n'en reste pas moins, d'ailleurs, que, malgré cette campagne du silence, malgré toutes les falsifications et précautions prises par les classes dirigeantes, le marxisme et sa philosophie commencent à être de plus en plus connus.

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Communiqué Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Nous avons appris, avec tristesse, la nouvelle de la mort du premier secrétaire du Parti Communiste  du Bénin, Pascal Fantodji.

Ce décès constitue, à n’en  plus douter, une perte pour le Parti Communiste du Bénin et du peuple travailleur du Bénin.

Le Nouveau Parti Communiste Haïtien (ML) présente ses  sincères  condoléances aux camarades du PCB ainsi qu’à la famille du défunt.

                 Vania Lubin membre du BP du NPCH ( ML)

Port-au-Prince le 08 04 2010
 
Servir le peuple haïtien ou se servir de lui? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Haïti est frappé par un terrible tremblement de terre qui a détruit le peu qu’avait ce pays martyr. Cette  catastrophe épouvantable survient peu après la scandaleuse famine qui a frappé Haïti en 2008 (cette famine fut le résultat direct de la spéculation mondiale sur les céréales qui a précédé de peu la crise des subprimes!). Tout cela frappe au cœur un des pays les plus pauvres du monde par la faute de ses anciens maîtres coloniaux français et américains.

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DÉCLARATION DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE GUADELOUPEEN Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
UN ACCORD HISTORIQUE QUI SONNE «L’HEURE DE NOUS-MÊMES !»
AN NOU AY !
Le Parti Communiste Guadeloupéen accueille avec satisfaction, la signature du protocole d’accord entre le
(Collectif «Liyannaj kont pwofitasyon») LKP, l’Etat français, le Conseil Régional, le Conseil Général et
l’Association des Maires après les 44 jours de grève générale qui ont ébranlé la Guadeloupe.
Cette victoire éclatante obtenue par la mobilisation, dégomme les préjugés et les clichés véhiculés dans notre
société, sur le comportement jugé négatif des masses laborieuses, détricote les pensées formatées par
l’idéologie dominante.
Elle sonne «l’heure de nous-mêmes», c’est-à-dire, l’heure de nous saisir des clefs que nous avons pour
ouvrir les portes et gagner par nous-mêmes, la place qui nous revient dans le concert des Peuples et
des Nations qui font l’humanité.
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L’expérience de l’Internationale communiste et sa signification Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

(...) En 1913, Lénine définissait trois périodes principales de l’histoire mondiale depuis la publication du Manifeste du parti communiste, en 1848 : «Depuis, l’histoire universelle se divise nettement en trois périodes principales: 1. de la Révolution de 1848 à la Commune de Paris (1871) ; 2. de la Commune de Paris à la Révolution russe (1905) ; 3. de la Révolution russe à nos jours.» Il concluait : «Depuis l’apparition du marxisme, chacune des trois grandes époques de l’histoire universelle lui a apporté de nouvelles confirmations et de nouveaux triomphes. Mais…», ajoutait-il prophétiquement, «…l’époque historique qui vient apportera au marxisme, doctrine du prolétariat, un triomphe plus éclatant encore.»1 Cette prophétie de génie devait brillamment se vérifier quatre années plus tard, lors de la révolution d’Octobre, qui allait faire date, et la création du Komintern en 1919.

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